L’Intime dans la Culture Chinoise Contemporaine

L'intime dans la Culture Chinoise Contemporaine

Edouard Vuillard, Intérieur, peinture à l'huile, 1902. Les femmes au foyer chinoises étaient considérées comme des vases aux fleurs, un pur décor intérieur.

Lors de ma visite de l’exposition « L’intime — de la chambre aux réseaux sociaux » au Musée des Arts Décoratifs, une question s’est naturellement posée : qu’en est-il de l’intime pour les Chinois contemporains ?

Dans cette exposition, l’intime est exploré à travers douze thèmes notamment des espaces privés (décor intérieur, toilettes, maquillage, lit, etc.), la nudité, la sexualité depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jour avec l’intime arrangé pour être mis en ligne. Dans l’ensemble, il s’agit de l’intime au prisme français sinon occidental.

Qu’en est-il l’intime (yinsi 隐私 en chinois) dans la culture chinoise contemporaine ? Trois aspects me sont venus à l’esprit, et vous pourriez les compléter dans  le commentaire.

Une culture de la honte du corps

La représentation du corps en Chine demeure marquée par une forte pudeur. La nudité publique, même dans un contexte artistique, est souvent censurée ou perçue comme inappropriée. L’exposition des peintures à l’huile des nus au Musée des Beaux-Arts à Pékin en 1988 a suscité un scandale. Si cette honte du corps trouve son origine dans des valeurs confucéennes, elle est surtout accentuée durant les années d’abrutissement sous le règne de Mao (dont la puissance sexuelle était, selon  son médecin personnel Dr. Li Zhisui , à la mesure de son pouvoir absolu ). Par conséquent, l’intime corporel est souvent tabou, contrastant avec les tendances occidentales à l’exposition et à la revendication du corps comme expression de la liberté personnelle.

Une coiffeuse dotée de paravents

L’intimité et l’espace personnel

Dans un pays très peuplé, l’espace privé est un concept relatif. Dans de nombreuses familles chinoises, trois générations cohabitent souvent sous le même toit, réduisant considérablement les espaces privés. Cette promiscuité forge une culture où le collectif prime sur l’individu, et où le concept occidental de privacy peine à s’imposer. Les espaces publics équipés de vidéo de surveillance ne semblent pas ainsi provoquer beaucoup d’indignation chez les Chinois.

Prise de vue de l'expo. Savez-vous ce que c'est comme objet? Laissez votre réponse dans le commentaire.

Les réseaux sociaux : société ambivalente

Bien que la censure et l’autocensure restent omniprésentes, les réseaux sociaux offrent un nouvel espace d’expression, permettant aux Chinois de partager des aspects de leur vie autrefois jugés trop intimes. Le grand succès de la plateforme chinoise Wechat l’atteste (1,382 milliard d’utilisateurs dans le monde d’après le dernier rapport financier en 2024 de Tencent).

Ce phénomène reflète l’ambivalence de la société chinoise contemporaine: un désir croissant de l’affirmation du soi dans une société qui exige des sacrifices au nom des intérêts collectifs.

Espace privé, un luxe rare en Chine.

Bref, l’intime en Chine contemporaine oscille entre une culture où le collectif et la pudeur restent des valeurs centrales et quête de nouveaux espaces d’expression. D’ailleurs, n’hésitez pas à créer un compte Wechat (il est possible de le faire avec votre numéro de téléphone mobile étranger) pour mieux découvrir vos collaborateurs chinois.

Avez-vous déjà rencontré des défis relatifs à l’intime dans vos affaires ou durant vos séjours en Chine ? Partagez votre expérience en commentaire !

La confrontation Etats-Unis Chine après Trump : que doit faire l’Europe ?

image from the internet

Auteur: André Chieng, publication apparue dans La Lettre De La Chine Hors Les Murs n° 38,  le 24 nov. 2020

Que la Chine ait reconnu tardivement la victoire de Joe Biden, par la voix impersonnelle du porte-parole du ministère des Affaires Étrangères, a fait penser que la Chine aurait préféré la victoire de Donald Trump. Cela peut paraître paradoxal vu que Trump lui-même s’était auto-déclaré le pire ennemi de la Chine et qu’il a accusé cette dernière de tout faire pour favoriser la victoire de son rival. En voici l’explication couramment avancée : les deux candidats ont affiché résolument leur opposition à la Chine, mais pour cette dernière, la brutalité de Trump, prompt à se faire des ennemis partout, était préférable à l’empathie de Biden bien plus susceptible de rassembler les alliés de l’Amérique dans une croisade antichinoise.

Et si Trump avait gagné ?

Lors de cette élection, les Chinois sont passés par trois phases.

D’abord, dans la période pré-électorale, ils ont craint que dans son imprévisibilité et son mépris des règles de la politique internationale, Trump ne déclenche une crise grave en voulant se donner une image de force. Qu’auraient-ils fait si par exemple Trump avait décidé de se rendre à Taïwan ? Qu’il n’ait commis aucun acte irréparable de ce type a soulagé les Chinois !

Ensuite, les Chinois auraient sans doute préféré la victoire de Trump, mas pour des raisons peut-être différentes de celles avancées plus haut. En effet, ils pensent qu’une part des attaques antichinoises trumpiennes s’explique par des raisons électoralistes. S’il avait été élu, il aurait modifié sa politique envers la Chine : la conduite de Trump montre que ce dernier n’est pas vraiment un tueur contrairement à ce qu’on pense. Ainsi, avant Huawei, il aurait pu tuer ZTE. Il ne l’a pas fait, se contentant d’une lourde amende et d’un contrôle strict de la gouvernance de ZTE. Tuer les champions chinois de la technologie toucherait les champions américains qui sont leurs fournisseurs. Mieux vaut les maintenir en vie, sous contrôle. L’obligation de demander des licences à l’administration américaine pour vendre aux sociétés hightech chinoises, s’étendant aux groupes étrangers, donne aux États-Unis une liste exhaustive de qui vend quoi à la Chine. Un vaste marchandage était dès lors possible, les États-Unis contrôlant les progrès de la Chine tout en poussant celle-ci à substituer des fournisseurs américains à ceux d’autres pays. Or, cette négociation aurait pu aboutir car pour les Chinois, plus que pour d’autres peuples, tant qu’on n’est pas mort, on peut toujours espérer un retournement de situation. La Longue Marche elle-même n’est-elle pas une défaite des troupes communistes qui fut aussi l’amorce de leur victoire finale de 1949 ?

La victoire de Biden redistribue les cartes. Les Chinois sont donc maintenant dans l’expectative, avec une seule certitude : l’hostilité américaine envers la Chine ne disparaîtra pas tout simplement parce que les Etats-Unis ne tolèrent pas qu’un autre pays puisse les dépasser, que ce soit l’Union Soviétique, le Japon ou la Chine ! Mais Biden présente un avantage : il est bien plus prévisible que Trump !

Stratégie chinoise

Comment les Chinois se sont-ils préparés au résultat de cette élection ?

En 2016, ils avaient été pris par surprise : aucun think-tank chinois n’avait ne serait-ce qu’étudié l’éventualité d’une victoire de Trump. En 2020, ils se devaient d’être prêts à n’importe quelle éventualité.

Pour comprendre leur stratégie, il n’est pas inutile de relire un essai, parmi les plus célèbres écrits par Mao : De la contradiction (1937) Dans ce texte, Mao affirme d’abord l’unité des contraires. Le monde est fait de contradictions, mais il faut savoir distinguer la contradiction principale des autres.

Dans notre cas, la contradiction principale est la rivalité Chine-États-Unis.

Puis dans la contradiction principale, il faut distinguer entre les aspects principaux de la contradiction et les autres. Là, ce sont les faiblesses de la Chine qui sont en jeu. Et elles sont importantes.

D’abord, les foyers de désordre possibles en Chine dont pourraient profiter les États-Unis. Ils sont repérés depuis longtemps et bien connus : le Tibet, le Xinjiang, Hong-Kong et Taïwan. C’est ce qui explique les mesures prises par la Chine envers le Xinjiang et Hong-Kong. La Chine ne pouvait pas tolérer que ces deux endroits deviennent des foyers d’oppositions qui pourraient être actionnés aisément par les États-Unis. Le prix à payer est lourd. La Chine voit sa popularité dans le monde s’effondrer à des niveaux historiquement bas, mais elle considère qu’elle n’a pas le choix : il lui faut traiter l’aspect principal de la contradiction.

Ensuite, il faut faire face à la faiblesse technologique. Au cours de ces dernières semaines, Xi Jinping a multiplié les discours : lors du plénum du Comité Central fin octobre, mais auparavant, à Shenzhen pour célébrer le 40ème anniversaire de la zone économique puis après, à Pudong, pour en célébrer le 30ème anniversaire. De nombreux messages ont été diffusés : sur la nouvelle politique économique, appelée circulation duale, sur l’objectif d’aisance modeste, sur l’éradication de la pauvreté, sur la préservation de la culture chinoise, … Mais un thème est omniprésent : l’innovation.

L’innovation est devenue une clef de voûte de la stratégie chinoise car elle se situe au croisement de deux impératifs absolus :

– Un géostratégique : assurer autant que possible l’autonomie technologique de la Chine

– Un économique : comme l’ont répété la Banque Mondiale et le DRC (Development and Research Center), la Chine fait face aujourd’hui au piège du revenu moyen dans lequel sont tombés tant de pays émergents pourtant bien partis ! Et les quelques pays ayant échappé à ce piège, notamment les dragons asiatiques, l’ont fait en améliorant sans cesse la productivité totale des facteurs … Grâce à l’innovation.

Une chance pour l’Europe

D’aucuns s’inquiètent : la Chine ne serait-elle pas en train d’évincer les sociétés étrangères du marché chinois ? L’objectif d’autonomie, ouvertement recherché, n’en est-il pas le signe le plus visible ? La circulation duale, mettant au premier plan un cycle économique autocentré, n’en est-elle pas une illustration de plus ?

A cette inquiétude, Xi Jinping a tenu à répondre lui-même : la politique d’ouverture de la Chine sera poursuivie ; dans le concept de circulation duale, certes la circulation primaire sera domestique mais la dualité, impliquant l’extérieur et inscrite dans l’intitulé de cette politique, sera maintenue, …

Mais peut-on faire confiance en ce qu’il dit ? Ne cherche-t-il pas à apaiser l’étranger en émettant des promesses qu’il ne tiendra pas ? C’est ce que les États-Unis répètent à l’envi, mais il ne faut pas se tromper : ce combat mené par les États-Unis pour conserver la suprématie mondiale n’est pas celui de l’Europe dont l’intérêt est d’être capable de choisir à chaque moment ce qui lui convient le mieux.

L’obsession de la Chine pour l’innovation constitue la meilleure chance pour l’Europe. On a beaucoup accusé la Chine d’avoir assis son spectaculaire développement sur les transferts de technologie forcés, voire sur leur vol. C’est exagérer la naïveté des sociétés occidentales qui en auraient été victimes : les transferts de technologie étrangère ont réellement aidé la Chine à rattraper son retard, mais dans leur écrasante majorité, il ne s’agissait pas des technologies les plus nouvelles ! Regardons maintenant quelques chiffres : la Chine investit en R&D l’équivalent de 2,2% de son PIB en 2019, ce qui est tout à fait honorable. Mais la plus grande partie se dirige vers le développement bien plus que vers la recherche. La proportion consacrée à la recherche n’est que de 5 à 6% du total, contre 18% aux États-Unis et 25% en France ! (Chiffres chinois). A cela se rajoute une autre constatation : les grandes sociétés d’État chinoises sont puissantes, mais peu innovantes. L’innovation est le fait de sociétés privées et de sociétés étrangères. Plus que d’investissements encore, l’innovation nécessite de penser différemment. Les dirigeants chinois le savent et c’est favorable à l’Europe.

La confrontation technologique États-Unis Chine perdurera. Tout le monde en est convaincu. Le gouvernement américain se donne le droit d’empêcher toute coopération technologique avec la Chine au point de bannir les étudiants chinois des universités américaines. La Chine a besoin d’autres partenaires et l’Europe est le candidat idéal. La complémentarité entre les deux est évidente : l’Europe a besoin du marché chinois et la Chine a besoin de la coopération technologique avec l’Europe. Cela ne signifie pas un alignement des positions de l’Europe avec la Chine. Le RCEP signé le 15 novembre dernier entre 15 pays d’Asie et d’Océanie, comprenant des pays aux idéologies et intérêts contradictoires comme la Chine, le Japon et l’Australie ouvre une voie nouvelle vers un monde où le en même temps Macronien rencontre l’unité des contraires de Mao.

 

HuaWei dans la tourmente

Cette image en noir et blanc circule ces derniers jours sur les réseaux sociaux chinois. Il s’agit d’un communiqué de presse du groupe japonais Panasonic, plublié le 23 mai, qui dément sa rupture d’échanges avec HuaWei.

Ce dernier, géant de télécommunication chinois, piégé par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, se trouve dans le tourbillon des attaques américaines depuis le 1er décembre 2018, date à laquelle Meng WanZhou, CFO de Huawei et fille de son fondateur Ren ZhenFei, a été arrêtée au Canada à la demande de la justice américaine.

« Le groupe Panasonic continue à approvisionner Huawei normalement. La dite « rupture d’échanges » racontée par certains médias grand public est fausse», disait l’annonce de Panasonic.  « Huawei est un partenaire important de Panasonic. En respectant scrupuleusement les lois et réglementations en vigueur dans les pays et les régions où se trouve le groupe Panasonic, nous continuerons à vendre des biens et des services à des clients chinois tels que Huawei. Le groupe Panasonic contribuera au développement de la Chine, en lui « apportant des briques et des tuiles »pour son développement. »

Plus qu’un simple communiqué de presse, ce message était une démonstration de solidarité et de soutien, dont HuaWei a cruellement besoin, lui qui a vu beaucoup de ses fournisseurs lui tourner le dos …

Les entreprises en première ligne des nouveaux enjeux géopolitiques du monde

Ces histoires d’alliances et d’attaques nous rappellent curieusement l’époque des Royaumes Combattants de la Chine antique (Zhan Guo, du V au III siècle av. J.-C.), sauf que maintenant, ce ne sont plus des royaumes qui sont en première ligne de la confrontation, mais les entreprises. Ces entreprises mastodontes, employant des centaines de milliers de personnes à travers de monde, détenant des technologies de pointe, avec un CA dépassant plusieurs dizaines voire centaines de milliards de dollars… représentent un enjeu économique si important, que leurs destins est maintenant liés à ceux des pays, grands comme la Chine ou les États-Unis.

Mais pourquoi le gouvernement de Trump veut à tout prix la mort de HuaWei? Voici quelques explications fournies par Nicolas Barré, directeur de rédaction du journal Les Échos.

Andy Purdy, CSO (Chief Security Officer) de HuaWei USA, a quand à lui expliqué les points de vue de son groupe aux téléspectateurs américains.

China « PIG » Index 2019

La Chine est de loin le plus important producteur et consommateur de porc au monde. La production porcine chinoise a enregistré une hausse de plus de 33% depuis 2001, passant de 40 Mt à 54 Mt en 2018, avec un pic de 56,7Mt en 2014. Cette production est dominée par des exploitations familiales de petite taille, localisées principalement dans le Sud-Est du pays. Cette atomisation de la production est à l’origine du coût de revient du porc élevé en Chine, comparé aux prix européen et américain.

Le porc est consommé traditionnellement en Chine. Dans les années 80, il représentait plus de 80% des volumes de viande consommés, mais avec seulement 10kg par personne par an. En 2013, ce chiffre a atteint 40kg par personne par an, soit un niveau équivalent des pays européens.

Le porc occupe aujourd’hui encore plus de 60% des volumes de viande en Chine, son prix à lui seul pèse environ 3 % dans l’indice global des prix, soit 10 fois supérieur à celui de la France et des États-Unis! D’où le surnom en chinois du CPI (Consumer Price Index) comme « China Pig Index ». Il va de soi que l’approvisionnement de la viande du porc est une grande préoccupation des autorités chinoises. Le gouvernement pousse la filière porcine à se restructurer ces dernières années : en modernisant et agrandissant les élevages, la Chine souhaite devenir autosuffisante en porc tout en maitrisant le coût de revient et en limitant la pollution.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que, en Chine tout comme en Europe, on constate une nouvelle tendance de consommation porcine en baisse. Les spécialistes pensent que cette tendance est liée à un plus grand choix de ressources protéines alimentaires, au changement de style de la vie, ainsi qu’au vieillissement de la population.

Pour conclure, la demande de consommation porcine en Chine est relativement stable, de l’ordre d’environ 55 Mt par an. Quant à la production, soumise au cycle porcin, à la refonte du secteur et aux éventuelles menaces des épidémies, elle est fluctueuse. L’écart creusé entre les deux est donc à l’origine de la multiplication des importations. En dehors des abats, qui constituent une part très importante des approvisionnements, les importations de la viande de porc en Chine sont de l’ordre de 1,2 Mt en 2017 et en 2018 (1,6 Mt en 2016), dont 65% en provenance de l’Union Européen.

Depuis l’éclatement de la fièvre porcine africaine en août 2018 en Chine, une importante chute en termes de production de la viande de porc est prévue. Il est fort possible que les Chinois achèteront encore plus de porc en Europe cette année !

Chine: Village 2.0 — un reportage intéressant sur le développement du E-commerce en Chine rurale

Un reportage intéressant sur ARTE que j’ai partagé avec mes élèves de l’école du commerce. On parlait en classe du marché de E-commerce en Chine, qui a atteint 800 milliards d’euros en 2017!

Les 2 histoires racontées dans le film illustrent bien cet incroyable phénomène, qui touche aujourd’hui non seulement les grandes villes, mais aussi la Chine rurale profonde.

Su Junpin est un jeune entrepreneur issue d’une modeste famille de la campagne du Yunnan. Il a fait fortune en commercialisant en ligne des théières en argent, fabriquées par des artisans de son village, vendues en Chine, en Corée et même en Europe. Ainsi il a refait vivre l’art traditionnel local, et employant plus de 300 villageois pour son entreprise.

Comme lui, Lu Zhenhong de la province de Zhejiang a fondé son empire en ligne en vendant du matériel de camping. Des milliers d’emplois ont été créés dans cette région grâce à son entreprise, dont le modèle s’est décliné dans toute la province.

L’essor du E-commerce est très étroitement lié avec l’encouragement du gouvernement chinois. En effet, la Chine voit cette nouvelle forme de commerce comme un des leviers principaux pour développer l’économie des régions rurale, dont le niveau de vie souffre encore de l’inégalité par rapport aux grandes villes. 

Selon le reportage, « la révolution 2.0 a d’ores et déjà permis à des millions de paysans chinois de troquer la bêche pour le Net! »

Leçon d’arrogance

— D&G, accusé de racisme, a dû annuler son «Great Show» en Chine au dernier moment ce qui a coûté plusieurs millions d’euros à la marque de luxe.

Dolce & Gabbana sont présents en Chine depuis 2006, date de l’ouverture de leur première boutique à Hangzhou. Une cinquantaine d’autres magasins ont ensuite vu le jour sur le territoire chinois, en comptabilisant Hong Kong.

La marque de luxe italienne a prévu son «Great Show» à Shanghai pour plus de 300 vêtements, avec 1400 VIP invités et un budget colossal de plusieurs millions d’euros.

Seulement il y a quelques jours, tout a basculé … à commencer par une publicité maladroite de la marque dans laquelle une Chinoise se battait avec des baguettes pour manger une pizza italienne. «It is still way too big for you, isn’t it?», disait le voiceover.

Ayant trouvé le film de mauvais goût, une top model américaine d’origine asiatique Michaela Phuong Thanh a écrit à Stefano Gabbana via Instagram. Irrité, le créateur italien s’est lâché sur la Chine, qualifiée de «pays de merde» rempli d’«ignorant dirty smelling mafia». Cette conversation a été de suite rendu publique par Michaela sur le net. Là, c’était la catastrophe, juste la veille du «Great Show».

Les stars chinois invités au défilé ont tous boycotté le show. Sur WeWhat et les autres médias sociaux chinois, l’affaire devient vite virale. En quelques heures, plus d’un million de commentaires se sont rués vers le site officiel de Dolce Gabbana. Le show a dû être annulé au dernier moment. La marque va maintenant devoir faire face aux conséquences économiques de la polémique.

Crise de Dolce & Gabbana en Chine

How Amazon Innovates in China

quotation from China Internet Watch

Douglas Gurr, président de Amazon Chine depuis septembre 2014

Established in 2001 as a subsidiary in China, Amazon China once went through a nosediving period. By building and promoting cross-border shopping strategy, Amazon China has begun to make some initial success in 2015.

Amazon China’s total transaction during Black Friday increased by more than six times this year compared to 2014, and spends at Amazon overseas sites have been equivalent to the sum of the past 20 years counting only from January to October 2015 according to Amazon.

Mr. Douglas Gurr, who has been President of China Amazon.com Inc. since September 1, 2014, has been focusing on the business as a cross-border site as well as helping China’s brands gain global exposure summarized three reasons contributing to the fructified sales in 2015.

Small Ideas Hatching Big Business

Amazon had a well-established “reverse” mechanism or process at being innovative and creative. Faced with a new idea, they first answered two basic questions: What do consumers really need? Could Amazon develop a unique advantage from this business? Amazon picked out the most important ideas from thousands of new ideas and gradually improved.

This way of thinking helped select out some good ideas. AGS project of Amazon was born following the path. Based on worldwide suppliers and advanced cross-border logistics and distribution system, Amazon China provided consumers high-quality product selections and lower prices without suffering long delivery time, high shipping costs and fake goods.

Exploring China’s Innovative Products

Launchpad was a project providing a platform for excellent products and startups in China. The project could effectively help startups reach tens of millions of Amazon consumers worldwide and benefit consumers and innovators at last. Launchpad was operated during Black Friday shopping festival in 2014.

Own-branded Products Satisfying Chinese Demands

Fire tablet, which was recently released in China installing English-learning function to provide customized reading experience for different English levels of users, was a good trial at Amazon China. New Fire tablets with English-learning function was only marketed to China’s consumers.

The localization of innovations was solutions to the urgent needs of China’s consumers. Amazon has been striving to support suitable products for China’s market by deep insights into China’s consumers.

Un peu de robots, s’il vous plaît

Foxconn, le sous-traitant chinois, célèbre d’Apple a installé en 2014 dans ses usines en Chine un million de robots. Ces «Foxbots» ont pour utilité, dit Terry GOU, le PDG du groupe, d’« aider » les ouvriers et non les « remplacer » , pour répondre aux afflux des demandes en produisant 30 000 appareils d’Iphone 6 par robot par an.

Ce choix est sans doute la meilleure solution trouvée pour accroître la capacité de production avec un coût fixe bas. Ces machines sont autonomes, animées par un système d’exploitation intelligent développé par Google. Avec 20 000 dollars pièce à l’installation, équivalent d’environ 3 ans de salaires pour un ouvrier, sans compter les frais de gestion et les contributions sociales, ni les cantines ou encore les dortoirs, il est sûr que le RI d’un tel investissement vaut de l’or.

Fini donc les critiques de violation des droits de l’homme, des ouvriers qui se suicident, qui refusent de travailler plus de 12 heures par jour et qui réclament des augmentations de salaires. Ces 1 000 000 robots finiront bien par piquer quelques emplois des 1 300 000 ouvriers de Foxconn.

On a beau crier à l’alerte d’une réelle crise de l’emploi, ou encore se féliciter pour l’inaptitude des premiers « Foxbots » installés — la faute en incombant principalement à des processus de fabrication qui évoluent trop vite, cette tendance est désormais inévitable telle que les pompistes disparus.

Face à une population vieillissante, la Chine entend bien se préparer pour une nouvelle ère de révolution industrielle, celle de l’automatisme, de l’intelligence artificielle et de l’imprimerie à 3D.

WeChat marketing power

quotation from Jay Yarrow www.business.insider

This tweet from China-based angel investor Rui Ma shows how powerful China’s social networking app WeChat is becoming:

Ce que l’app star chinois WeChat peut faire …

As you can see, with WeChat integration a user can print out photos, control a smart air conditioner, and buy from a vending machine, all through QR codes with apps.

WeChat is a part of Tencent, $150 billion Chinese Internet company. WeChat has more than 400 million users and it only launched a little bit more than years ago. It’s primarily a messaging app, similar to WhatsApp, its western counterpart, but it’s been expanding its services into other areas, including travel booking, taxi and payments. 

Becoming today the no 1 powerful social media in China, WeChat is showing strong influential power in terms of marketing and communication for companies and brands. 70% of its users are under 30’s, predominantly from urban areas, very affluent and strongly interconnected through the «group chats».

WeChat platform allows brands to communicate directly with these target consumers and, as a result can have a huge positive impact on brand loyalty. As one of the most common marketing strategies seen on WeChat, brands often offer their followers exclusive content and access to special offers.

Basically all services of CRM could be done also through WeChat, it is an effective way of maintaining loyal consumers and through whom, to attract new ones as many WeChat users are highly selective of whom they follow.

Chiffre d’or et Pattes de velours

par Marie-Pierre Gröndahl et Anne-Sophie Lechevallier Article apparu dans le «Paris Match» du 6-12 juin 2013

Un Petrus 1990 pour 5 800 euros! C’est l’une des enchères symboliques de la vente d’une partie de la cave de l’Elysée le 31 mai – car l’acheteur était … chinois. Plusieurs de ses compatriotes avaient déjà jeté leur dévolu sur de grands vignobles français. En Bourgogne, l’été dernier pour 7 millions d’euros, et dans le Bordelais, avec une trentaine de propriétés depuis quatre ans, dont quinze hectares en pomerol et saint-émilion le 1er juin, pour une montant estimé à 15 millions d’euros. La Chine dépense de plus en plus à l’étranger: 77 milliards de dollars en 2012. Elle se classe au huitième rang en France, avec 31 projets d’investissements.

le nouveau Club Med à Guilin, dans le sud de la Chine

Depuis les débuts d’internationalisation de ses entreprises en 1999, la République populaire a changé de stratégie. Ses cibles ne sont plus seulement les matières premières, mais des géants occidentaux, dotés de marques à forte notoriété. Comme le Club Med, où le conglomérat Fosun, déjà actionnaire, a lancé une OPA avec Axa Private Equity. Objectif? Faire de la Chine le deuxième marché Club Med d’ici à 2015, avec 200 000 clients. Cette opération se veut amicale. En France, elle n’a pas suscité d’opposition des autorités. «La plupart des gros rachats antérieurs, comme Rover ou Thomson ont été des échecs ou se sont heurtés à des refus comme pour Rio Tinto. Les Chinois comprennent qu’il faut investir progressivement; avec des acteurs locaux; en recherchant des entreprises à forte valeur ajoutés. Le pays est de moins en moins «l’usine du monde», fabricant de produits basiques à bas coût. L’urbanisation s’accélère: 230 villes dépasseront le million d’habitants en 2025, contre 110 aujourd’hui. Les salaires y ont été multipliés par quatre en cinq ans, d’où le développement d’une classe moyenne avide de marques», explique André Loesekrug-Pietri, patron du fonds A Capital; co-investisseur de Fosun dans le Club Med. Au lieu de choisir la formule des raids boursiers hostiles visant la majorité du capital, source de déboires notamment aux Etats-Unis, les Chinois privilégient les sociétés non cotées, avec des prises de participation minoritaires, moins invasives. Elles ouvrent aussi les portes de l’eldorado chinois aux groupes européens concernés. Le danois Bang & Olufsen tente ainsi de rattraper son retard, grâce à la prise de participation du distributeur Sparkle Roll dans son capital en 2012. GDF Suez, lui, a accepté que le fonds souverain chinois CIC prenne 30% de son pôle exploration-production en 2011 pour accélérer son développement en Asie. Mais ces accords n’empêchent pas certaines frictions commerciales. Si l’Allemagne – au nom de ses intérêts d’exportateur – est dix-hui autres pays souhaitent supprimer le projet de droits de douane sur les panneaux solaires made in China, la France s’y oppose. Bruxelles tranchera.