De Colette à Su Qing: femmes, écriture et émancipation

De Colette à Su Qing: femmes, écriture et émancipation

Colette, photographiée par Henri Manuel, 1910

Samedi dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (combien de personnes savent qu’elle existe et qu’elle est célébrée chaque 8 mars ?), la médiathèque de Saint-Germain-en-Laye a organisé une conférence dédiée à Colette (1873-1954). L’éditeur de la revue Lire y a présenté cette femme de lettres émancipée, transgressive et avant-gardiste presque malgré elle. Tous ses écrits autoréflexifs ont été passés en revue : quelle vie libre et quelle plume sensible !

Après la conférence, je me suis demandé s’il existait une « Colette chinoise ». Le premier nom qui m’est venu à l’esprit fut celui de Su Qing (1914-1982) bien que leurs destins aient été presque opposés (combien de Chinois la connaissent encore ou se souviennent d’elle ?).

Indépendance assumée ou nécessité imposée ?

Su Qing est autrice du roman autobiographique Dix ans de mariage. Avec Eileen Chang, elle faisait partie des célèbres écrivaines du Shanghai des années 1940. Après son divorce, elle dut subvenir à ses besoins grâce à l’écriture et à l’édition. Contrairement à un choix délibéré, elle travailla par nécessité. Son environnement, bien plus hostile aux femmes indépendantes, lui offrait encore moins d’opportunités qu’en Occident.

Su Qing dépeint ainsi une femme chinoise comme elle dans son roman : « Tu es une femme à part entière, et cette féminité est intériorisée. Plus tu réussis dans ta carrière, plus tu ressens une solitude et un vide profond en toi. Tu éprouves souvent une insatisfaction, n’est-ce pas ? Mais cette insatisfaction ne vient pas du besoin d’avoir un homme qui t’appartienne, elle vient du désir d’avoir une personne digne de respect et d’admiration, à qui tu pourrais appartenir de ton plein gré. Tu es une femme profondément vaniteuse ! ».

Su Qing, autrice du roman Dix ans de mariage

Les femmes chinoises soutiennent-elles toujours « la moitié du ciel » ?

Malgré une politique prônant l’émancipation des femmes sous le règne de Mao, la société chinoise n’a jamais totalement effacé la domination patriarcale. Aujourd’hui encore, les inégalités et les pressions sociales persistent, tant dans le monde professionnel que familial, en particulier dans le milieu politique. Et paradoxalement, ces pressions viennent parfois des femmes elles-mêmes, qui, consciemment ou non, perpétuent certaines normes et attentes sociales. 

 

Enfin, le 8 mars (San Ba Jie en chinois) est une fête largement célébrée en Chine. Ce jour-là, les employées peuvent bénéficier d’une demi-journée de congé payé. Elles reçoivent également des cadeaux de la part du syndicat de leur entreprise, qu’elle soit privée ou publique. Ce jour est aussi marqué par des soldes et des offres promotionnelles ciblant les femmes.

"Les femmes soutiennent la moitié du ciel", dit Mao.

N’hésitez pas à partager votre perception de la position sociale des femmes chinoises ou celles d’autres pays asiatiques !

La Peinture Chinoise et l’Interculturalité

La Peinture Chinoise et l’Interculturalité

Un Atelier d’entrée en contact avec la culture chinoise

Extrait du manuel d'apprentissage de la peinture chinoise

Savez-vous comment ces trois feuilles d’orchidée ont été peintes ? En trois gestes sous forme de traits ou lignes. Mais l’épaisseur de ces traits dépend de la manière dont le pinceau est utilisé. Comme le pinceau chinois permet d’exercer une pression plus ou moins forte, un peintre expérimenté ajuste son geste et l’intensité de l’encre pour exprimer sa propre vision de l’orchidée. Savoir apprécier une peinture chinoise, c’est apprendre à lire l’invisible. Tout comme travailler avec les Chinois.

Cerf fantastique, acrylique sur brique, réalisé par Lei, 2025

Je souhaite organiser un atelier avec Lei, une peintre chinoise formée à l’occidentale, qui s’inspire de plus en plus de la peinture traditionnelle chinoise. L’objectif de cet atelier est de comprendre les interactions entre le pinceau, l’encre, l’eau et le papier, et d’explorer la culture chinoise à travers une expérience artistique.

Pour préparer cette séance, j’ai consulté Les Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un Grain de Moutarde (Manuel d’apprentissage rédigé au XVIIe). Lei m’a également montré des photos de briques peintes datant des IIIe et IVe siècles, utilisées autrefois comme décorations aux mausolées. Nous avons été fascinées par la modernité de ces créations millénaires. Inspirée, Lei a même réalisé un essai sur une brique qui lui restait après la construction de sa cheminée.

Peinture Chinoise vs Peinture Occidentale : Deux Approches du Réel

Peinture sur brique, IIIe-IVe, Musée de Gaotai, Gansu, Chine

Notre discussion a naturellement dérivé vers les différences entre la peinture chinoise et occidentale.

— « C’est incroyable comme ce cheval est esquissé en quelques traits, et pourtant il semble avoir une âme », s’exclame Lei.
— « Oui, on dirait du Picasso ! », je m’enthousiasme. « Penses-tu que des stagiaires sans expérience en dessin arriveraient à faire la même chose ? »
— « Bien sûr ! Tout le monde peut dessiner. Mais la recherche obsessionnelle de la ressemblance avec la réalité tue leur spontanéité et leur capacité d’expression. »

Lei a raison. L’art chinois valorise la spontanéité tout en insistant sur la maîtrise du geste, un savoir-faire qui ne s’acquiert que par la pratique. Cette approche ne se limite pas à l’art : elle se retrouve dans la culture chinoise elle-même. Par exemple, l’hospitalité chinoise est souvent spontanée, se traduisant par des invitations improvisées et des échanges chaleureux, à l’opposé des codes parfois plus formels de l’Occident.

L’Interculturalité à Travers l’Art : Une Expérience à Vivre

La peinture chinoise est un pont entre le visible et l’invisible, entre la
maîtrise et l’improvisation. Elle nous invite à repenser notre propre rapport à l’art et à l’expression.

Si vous souhaitez explorer cette approche pour entrer en contact avec la culture
chinoise, mieux comprendre vos clients ou partenaires chinois, contactez-nous.