L’importance du Guanxi et des relations interpersonnelles en Chine

 

Par Catherine Pradel –

 

Pour illustrer ce qu’est le Guanxi en Chine, je prends souvent l’exemple de Yi, étudiante chinoise et ancienne nounou de mes enfants que nous avons embauchée en France au retour de notre expatriation à Pékin.

guanxi chine

Sur n’importe quel sujet de discussion que j’ai eu avec Yi au fil des années, elle connaissait toujours quelqu’un dans son réseau qui pouvait aider, soit directement, soit en donnant le contact d’une personne qui pouvait aider. C’était pour moi extrêmement impressionnant de voir l’ampleur du réseau de cette jeune étudiante et sa capacité incroyable à mobiliser ses relations pour tout type d’entraide. Quelle puissance !

Pour les Occidentaux travaillant avec des Chinois, il est essentiel de comprendre l’importance du Guanxi et des relations interpersonnelles en Chine.

Prenons un exemple, vous souhaitez développer rapidement votre business en Chine et vous vous focalisez dès votre première visite sur le travail avec vos équipiers et partenaires chinois. Vous jugez peu utiles les sorties au restaurant avec eux et vous négligez les moments de convivialité par souci d’efficacité

Vous poursuivez ainsi car c’est la façon dont vous menez vos projets dans d’autres pays. Vous n’avez pas de temps à perdre dans des mondanités et déclinez toutes les invitations de vos partenaires chinois en dehors du travail.

Au bout d’un moment, vous constatez que le projet n’avance pas et vous ne comprenez pas ce qui s’est passé.

Dans la culture chinoise, la confiance se construit d’abord par la relation interpersonnelle

Contrairement à d’autres cultures comme la culture américaine ou scandinave où la confiance se construit souvent dans un premier temps par l’action conjointe, en Chine la confiance se construit d’abord par la relation interpersonnelle.

Tenter de mener un projet avec des Chinois sans prendre le temps de construire en amont les relations interpersonnelles avec vos interlocuteurs, c’est un peu comme « mettre la charrue avant les bœufs ». Le risque est grand que votre projet soit extrêmement laborieux ou ne voit jamais le jour.

L’investissement pour construire et nourrir vos relations interpersonnelles est clé pour la réussite de vos projets en Chine !

Connaissez-vous l’histoire du vieil homme qui a perdu son cheval ?

Laissez-moi vous raconter cette fable connue de tous les enfants chinois ..

Fable chinoise Le vieillard et le cheval

Autrefois, dans un petit village près de la frontière, vivait un sage vieillard. Un jour, son cheval s’est échappé et a couru dans la steppe de l’autre côté de la frontière chez le peuple étranger. Les voisins du vieillard sont venus le réconforter. Le vieil homme a dit : « Qui sait si c’est mal ou bien ? On verra ». 

Quelques mois ont passé, le cheval perdu est revenu après son escapade et ramène avec lui toute une bande de chevaux de chez les étrangers. Le vieillard est donc riche et les voisins sont venus le féliciter. Alors le vieux a dit : « Qui sait si c’est bien ou mal ? On verra ».

Quelques jours après, son fils qui aime monter à cheval est tombé et s’est cassé la jambe. Les voisins sont venus de nouveau le réconforter. Le vieil homme a encore dit : « Qui sait si c’est mal ou bien ? On verra »

Peu de temps après, le peuple étranger a envahi la frontière, et tous les hommes forts furent recrutés dans l’armée pour combattre. Il y eu beaucoup de morts. Seul le fils du vieillard a été exempté à cause de sa jambe cassée, et avec son père, ils ont sauvé leur vie.

L’histoire s’arrête là, mais nous pouvons bien imaginer sa suite sans fin, car finalement «  Qui sait si c’est bien ou mal ? On verra »

La morale de cette histoire n’est pas le fatalisme. Elle montre que d’un mal peut sortir un bien comme d’un bien peut sortir un mal. 

La vérité des choses n’est donc que relative. Pour un Chinois qui a grandi avec l’enseignement du Vieillard qui a perdu son cheval, la vérité n’est pas unique, mais multiple !

Les Chinois ont souvent du mal à comprendre pourquoi les Français peuvent s’acharner sur un fait en essayant d’expliquer son pourquoi. Pour eux, le plus important c’est de s’accommoder de la chose et de suivre son évolution. 

Comme plaisantait un patron français : « Tout ce qu’on dit en Chine est vrai, mais le contraire l’est aussi ! »

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